La Marie-Cordelière était à quai à Brest le 10 août 1512 et donnait à bord une réception. Son capitaine, Hervé de Portzmoguer dit Primauguet, eut l’idée d’emmener ses invités faire un tour au-delà du goulet.

C’est lorsqu'il aperçut au loin la flotte anglaise, forte d’une soixantaine de voiles, qu’il envoya chercher du renfort. Puis, sans débarquer ses invités, il résolut de défendre l’entrée du goulet et engagea le combat. Peu à peu, la flotte française, très inférieure en nombre avec ses 20 bateaux et commandée par le Vice-Amiral René de Clermont sur La Louise, arrive à son tour. Mais très vite le grand mât de La Louise est abattu par un boulet et l’Amiral rentre à Brest.

La Marie-Cordelière, attaquée de toutes parts, fait front héroïquement. À la suite d’une manoeuvre audacieuse, elle aborde le Régent, le plus puissant navire de l’armada anglaise. Les deux bateaux combattent bord à bord, accrochés l’un à l’autre par des centaines de grappins. Les Bretons ploient bientôt sous le nombre des assaillants. Tout à coup, des flammes s’élèvent à bord de La Cordelière. L’Anglais tente de se dégager du brasier mais est vite gagné à son tour par l’incendie. Une gigantesque explosion pulvérise soudain les deux navires tuant ou noyant les 1 500 à 2 000 combattants des deux bords. Hervé de Portzmoguer, qui s’est jeté à l’eau, est entraîné au fond par le poids de son armure. Le combat prend fin la nuit venue, après cette impressionnante déflagration, et chacun rentre chez soi. Il y a une soixantaine de rescapés seulement. Les Anglais célébreront leur victoire tandis que la cour du roi Louis XII fera d’Hervé de Portzmoguer un personnage de légende qui aurait lui-même mis le feu à la Saint-Barbe afin de sacrifier navire et occupants plutôt que de se soumettre. On chantera ses louanges et on comparera vite son destin à celui de Saint-Laurent dont c’était précisément la fête le 10 août.

D’après le livre de Jakez Cornou, L’Héroïque combat de La Cordelière

La marine militaire française honore la mémoire du Primauguet en donnant son nom successivement à six navires dont le dernier, mis en service en 1986, est parrainé par la Communauté de communes du Pays d’Iroise.